Brest-Jerusalem
a la rencontre...
31.3.02 18:55 chronique     chronique 2.4.02 21:09  
-<  Ramallive... l'armée la plus morale du monde...  ->
 1.4.02

20:01   à tâtons...


Par ou commencer...

D'abord, desole pour les accents, je n'ai qu'un clavier arabe, et je tape a tatons.

Dans la nuit, quelques sursauts; fusillades, canon, grenades... Derniere image d'hier, cette rue deserte, une canalisation percee qui diffuse une douche sans fin, un reverbere en travers de la route... un keffieh plein de sang sur le trottoir...

Ce matin, changement de donne; je vais conduire l'ambulance. Une fois pour toutes, la meme scene cent fois repetee, le char, ou l'APC, on ralentit, on donne un coup de sirene, on guette la reaction. Une main qui sort, un geste. Stop, attendre, ou plus rarement passer. L'attente, mains en vue, le bon plaisir, et puis les fantassins qui arrivent, la fouille, les insultes.

Les portes des placards des ambulances sont en plexi transparent, ca devrait rendre l'inspection facile, mais non : souvent, ils foutent tout sur le plancher, quand ce n'est pas sur le bitume. Rectification; ce qui reste du bitume. Les blindes et le mobilier urbain ne font pas bon menage. Il y a des cables electriques qui pendent partout, les trottoirs sont tous a refaire. Mentionnons au passage l'incroyable quantite de voitures ecrasees; soit les conducteurs de blindes sont bigleux, soit ils n'aiment vraiment pas les voitures.

Apres la fouille (et le rangement qui va avec), on repart jusqu'au prochain croisement, au prochain char, au prochain caprice...

En regle generale, plus on a affaire a un grade, mieux ca passe, la palme revenant a un general qui nous a bien aides. Un autre, visiblement gene de la facon dont on nous traitait, nous a amene sa carte pour nous aider a trouver un itineraire possible pour l'hopital. Incroyable carte, ce sont en fait des photos satellite, le moindre detail est la.

Il est arrive plusieurs fois que des soldats manifestent, plus ou moins ouvertement, une gene ou un degout a la facon dont on leur ordonnait de nous traiter. Mais la plupart n'avaient pas besoin de se forcer pour se conduire en brutes basiques.

Journee dure. jouer a cache cache avec une division blindee dans une ville en ruines, deserte...

Et puis le retour au bureau. Devant le bureau, un char. Fenetres noircies en facade, fumee. J'ecrirai ca demain, je suis trop fatigue.

La chose a retenir de tout ca; l'extraordinaire action des internationaux, dans les ambulances, dans les hopitaux, aupres de la population.

Si j'oublie d'en parler, rappelez-moi de vous raconter l'assaut du batiment, la tele americaine, et Lava. Je compte sur vous.

L'immeuble d'a cote continue de bruler, demain je rentre a Jerusalem, je n'en peux plus. mais je reviendrai.



lien accueil
lien archives
lien jenine
lien contacts
lien liens

img contacts