Brest-Jerusalem
a la rencontre...
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 26.3.02

13:46   Gilo empêtré...


Il y a des jours où les gens font comme exprès de m'énerver. C'est comme ça. tenez, la radio israélienne, par exemple. Alors que je faisais des essais pour capter la radio, je suis tombé sur... un journal en français. Je vous passe le contenu; pas besoin de faire dans le francophone pour faire dans le partiel ou le partial...

Mais je suis tombé sur mon petit derrière quand j'ai entendu la langue lamentation d'habitants de Gilo, geignant qu'ils vivaient derrière des sacs de sable, mais promettant que la terreur palestinienne ne les ferait pas craquer.

Et voici pourquoi...

Gilo, ça pourrait être un endroit idyllique, j'imagine. A condition d'aimer les banlieues. Gilo sans son environnement, c'est une banlieue largement aussi moche que toutes nos banlieues de chez nous, quand elles sont neuves.

Gilo, ça ressemble à ça :

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Jolie vue, non ? Bon. Maintenant, retournons-nous : 180 degrés ne devraient jamais faire peur à personne. Voici ce qu'on voit quand on se retourne à l'endroit d'où j'ai pris la photo :

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Ça, c'est ce qu'on appelle ici "the grenade factory". C'est un jeu de mots. Parce que dans cette usine, située en bordure du camp de réfugiés d'Ayda, dans la commune de Bet Jala, on taille du granite, essentiellement. Et les gens, à court d'idées pour expliquer que régulièrement les israéliens de Gilo canardent ce bâtiment avec des armements divers et variés, disent qu'ils ont entendu "granite factory" et compris "grenade factory". (Je vous assure qu'en le prononçant à l'anglaise, c'est plus drôle.)

Tous les quelques jours, donc, cette usine se prend des coups. Fusil, canon léger, petits missiles... Le propriétaire, que j'ai rencontré, est... euh... fâché. Et lui non plus ne comprend pas pourquoi on lui tire dessus. Le coup de la "grenade factory", je ne l'ai su qu'après l'avoir rencontré, mais je n'aurais pas osé lui dire, hein...

Bon. Alors. Finalement, ces habitants de Gilo, ils tirent, ou se font tirer dessus ?

Les deux. Seulement, comme tout, ici, il y a comme qui dirait un déséquilibre des rapports de force. Car si ce colon que j'ai entendu (ah oui... Gilo est située en territoire palestinien, évidemment) se plaint de devoir mettre des sacs de sables devant les fenêtres du salon, je vous laisse remarquer que les habitants de la maison que je vais maintenant vous montrer ont, eux, décampé.

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Je ne sais pas où ils habitent, eux, mais si ils habitaient encore là, à Bet Jala, en face de Gilo, le petit village riant que je vous ai montré plus haut, c'est bien plus que des sacs de sable qu'il leur faudrait !

L'ami qui m'a amené à cette maison habite aussi Bet Jala. Dans sa chambre, dans une boîte, il garde les balles qu'il a retrouvées un jour dans la cuisine. Elles étaient rentrées par la fenêtre. Par la fenêtre, on voit un petit village riant. Gilo.



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