12:25 les maux pour le dire...
Voici le contenu d'un mail que je viens de recevoir. Le mail s'intitulait : "Restez là-bas si vous voulez mais par pitié arrêtez d'écrire".
Jeune homme,
Je ne ferai qu'une constation malgrè le fait que chacun des évenements que vous évoquez nécessite une contradiction.
Il transparaît dans le commentaire partisan, romantique et peu réaliste d'une vision d'ensemble, une totale ignorance et un manque d'objectivité sur des faits historiques qui auraient sans doute empéchés de nombreuses erreurs révoltantes dans votre texte.
Par ailleurs, vous nous faites part d'un fort antissemitisme personnel (racisme que vous décriez ensuite bien évidement chez les israéliens), qui s'inscrit dans un mouvement général et inquiétant qui consiste à comparer sans le dire les juifs aux nazis. Vous faites en outre une totale confusion entre des sources certaines du conflit et leurs conséquenses.
Rentrez en France et CULTIVEZ vous....
Alors voilà. A l'usage du monsieur en question, auquel j'ai répondu en privé et plus en détails, voici, à l'usage de ceux qui voudraient m'écrire parce qu'ils ne sont pas d'accord avec ce qu'ils lisent, un petit mode d'emploi :
1) Evitez de m'appeler "jeune homme". Je ne sais pas pourquoi, mais ça a un petit ton condescendant qui a tendance à m'empêcher de faire une réponse tendre.
2) Si vous considérez que ce que je dis nécessite une contradiction, CONTREDISEZ-MOI. Mais faites-le sérieusement. Se contenter de me dire que j'ai tort ne risque pas de m'en convaincre. Donnez-moi des informations vérifiables, des dates, des chiffres, et on cause. Si votre argumentation tient la route, je la publierai. Si tout ce que vous avez à me dire est :"vous avez tort", vous perdez votre temps.
3) Épargnez-moi la rengaine de l'antisémitisme. Vous auriez énormément de mal à finir votre phrase si vous la prononciez devant moi. Ce genre d'accusation me met en général, et dans le meilleur des cas, en colère. Je ne suis pas antisémite. Il y a des trucs qui me gênent ou me dérangent dans la religion israélite, mais il y en a tout autant ou plus chez les catholiques ou les musulmans. Je ne connais pas de bouddhistes, désolé. Le fait de ne pas être d'accord avec ce que font les israéliens ne fait pas de moi un ennemi des juifs. De plus, tout israélien n'est pas juif, et plus d'un immigrant sur deux refuse la conversion, ce qui fait que ça ne risque pas de s'arranger.
4) Ne me dites pas que je ne suis pas objectif. D'abord je le sais. Je le revendique, même. J'ai choisi de vivre dans un village arabe et non à Jérusalem Ouest, et c'est ce point de vue là que je rapporte. C'est mon choix. Vous n'êtes pas obligé ni de me lire ni de m'approuver dans ce choix.
En résumé : contredisez-moi avec des données, pas des prèches. Je n'ai rien contre les billets d'opinion, visiblement, mais de temps en temps une opinion documentée, ça fait du bien. Mon opinion s'appuie sur ce que je vois. Aucun d'entre mes divers contradicteurs n'a encore osé me traiter de menteur, et je ne le recommande à personne. A partir de ce que je vois, j'exprime mes opinions. C'est mon droit. Mais mes opinions sont basées sur quelque chose. Si vous voulez m'opposer vos opinions, basez-les sur quelque chose.
Voilà, on a fait le tour...
Sinon, aujourd'hui j'avais dans mon bureau trois personnes qui se trouvaient dans un bus à quelques dizaines de mètres de l'endroit où un pauvre gusse de plus s'est fait sauter le caisson, contre - justement - un bus. Et nous constations cette incroyable banalisation de la violence ; en septembre, quand nous sommes arrivés, le simple fait qu'un attentat se situe à Jérusalem pouvait nous faire croire que nous avions été en danger. Maintenant, à plus de 50 mètres, on s'en fout. Ça ne change pas le cours de notre vie.
C'est triste.
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