Brest-Jerusalem
a la rencontre...
27.12.01 05:45 chronique     chronique 11.1.02 10:21  
-<  haaaaaaaaa ! aller-retour...  ->
 11.1.02

06:49   atterrissage...


Il fallait bien que ça arrive, je suis revenu de vacances. Dix jours sans consulter les dépêches, sans ouvrir un journal, et les seules couvertures que je pouvais apercevoir dans la rue étaient écrites dans une langue que je ne connais pas. Dix jours pendant lesquels j'ai vu en tout et pour tout DEUX voitures de police.

Ça a commencé à sentir le retour à l'aéroport d'Amsterdam ; le lieu d'embarquement du vol pour Tel Aviv était tenu secret, seule une zone générale était indiquée. Il se trouve que cette zone est protégée par un détecteur de métaux. Bon. Après tout, je ne vais pas râler parce qu'on s'occupe de ma propre sécurité, et je n'ai pas plus que ça envie de voir mon avion se désintégrer en vol. D'accord, je ne vois pas en quoi le fait que j'aie choisi précisément de voyager ce jour là (question qui m'a été posée) peut être un problème de sécurité, surtout si on considère que c'était un dimanche, et que je reprenais le lundi. Mais bon, je veux bien accepter ces contrôles plus poussés que la moyenne.

Là où j'ai compris que j'étais vraiment rentré, c'est quand ? après être descendu de l'avion et avoir subi le contrôle de passeport ? j'ai à nouveau été soumis à des questions. Là, plus d'avion à faire sauter, mes bagages ont été contrôlés dans tous les sens avant que j'arrive, je ne peux vraiment plus être une menace pour quiconque. Mais là, c'est plus fort qu'eux. Alors que je voyais tous les passagers munis d'un passeport israélien, ou vêtus des attributs visibles du juda‘sme défiler à côté de moi sans attirer le regard de personne, j'ai à nouveau été interrogé, contrôlé, etc. Comme si on pouvait falsifier un passeport français, mais pas un israélien... Pour ne rien vous cacher, c'est irritant.

Ensuite, j'ai pris le taxi. La navette. C'est un taxi collectif. Chacun donne sa destination, et traditionnellement on fait au plus court. Vous allez rire, mais le taxi est passé trois fois à moins d'une minute de ma destination sans jamais s'arrêter ni faire un détour, et j'ai été le dernier à descendre. On est prié de ne pas faire le lien avec le fait que j'était le seul, étranger ou pas, à ne pas parler hébreu et surtout le seul à donner une adresse dans Jérusalem Est.

Ah, il a neigé à Jérusalem. Aucun intérêt. Sauf qu'on s'est retrouvés sans électricité douze heures. Enfin : la partie arabe.

Et puis j'ai commencé ma session de rattrapage, à regarder ce qui s'était passé en mon absence. Rien, ou presque , si ce n'est la divine surprise du cargo bourré d'armes. Enfin : cinquante tonnes d'armes. Ce qui n'est pas tout à fait le poids d'UN char d'assaut israélien. C'est loin d'être l'arsenal nécessaire à la destruction du peuple juif. Et quand on vous explique que ces armes à longue portée permettaient d'atteindre tout point du territoire israélien, il faut se souvenir de deux choses : la première, c'est que ça, on peut presque le faire avec un lance-pierres, tellement il est petit, le territoire en question ; et la seconde, c'est qu'il y a un tas de morceaux du territoire israélien qui sont (illégalement, faut-il le rappeler ?) en plein milieu du territoire palestinien, et que, pour le coup, quotidiennement, des lance pierres suffisent.

Le Hamas a rompu la trève. Ha'aretz titrait hier : "le Hamas sauve Sharon des négotiotiations". Je vous laisse méditer sur toutes les implications de ce titre.

Les israéliens ont détruit hier (selon l'UNRWA, donc les Nations Unies) 54 habitations, mettant à la rue plus de 500 personnes. Au long de la journée, (consultez les dépêches AFP, c'est instructif), ces maisons ont été successivement : vides ; abritant des tireurs ; abritant un complexe de tunnels permettant le trafic d'armes avec l'Egypte... je suppose que demain elles seront l'endroit où devaient être entreposées les armes du cargo. A moins que ce ne soit dans la chambre à coucher d'Arafat.

Voilà. Les vacances sont vraiment finies.

Notons que si, pour une fois, le Hamas a pris soin de ne cibler que des militaires lors de cette dernière attaque, on dirait qu'en face TOUTES les précautions ont été prises pour déclencher une sérieuse vague de colère et donc d'attentats.

Mais ce que j'en dis, moi, hein...



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