Brest-Jerusalem
a la rencontre...
24.11.01 16:19 chronique     chronique 3.12.01 05:20  
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 28.11.01

14:23   vu d'en haut... visa d'en bas.


Décidément, je ne sais pas lire la vieille ville pendant le ramadan. Quelque chose est différent, différent, et je n'arrive pas à savoir quoi.

Une chose est certaine, le commerce et le tourisme sont moribonds, en tous cas le commerce lié au tourisme. Les vendeurs le disent ouvertement.

De la terrasse d' un café-restaurant "de luxe" (lire : pour touristes), la ville est tellement calme, silencieuse, tout le quartier du Saint Sépulcre est désert, une bonne partie des devantures sont fermées. J'ai même l'impression qu'il n'y a qu'un seul vendeur pour plusieurs boutiques dans certains cas. Vue d'en haut, la même rue donne une apparence délabrée, tuiles manquantes, charpentes en bois vermoulues...

A se demander si on ne fait pas durer ces troubles pour provoquer justement l'effondrement de tout ce commerce arabe.

Régulièrement, des pétards.

En parlant de pétard, tous les soirs, pendant le ramadan, un gros pétard marque le coucher du soleil. Il est tiré depuis le cimetière qui est en face de mon bureau. Le pétard est tellement gros que mes vitres tremblent et que la lumière illumine la pièce. Les premières fois, je n'avais pas compris, et je croyais à une bombe tellement c'est bruyant. Mais bon, ce n'est pas le bruit normal des bombes. J'étais pourtant au courant, puisque je savais que ces pétards remplacent le canon qui finit de rouiller sur la colline du cimetière.

En sortie de vieille ville, porte de Damas, inquiétude... une vingtaine de soldats sur la droite, autant sur la gauche. A l'extérieur des murs, un attroupement pas tout à fait normal. Et les marchands ambulants qui démontent... J'ai préféré ne pas rester.

Ah, j'ai fait prolonger mon visa pour un an, dimanche...

Je suis arrivé au ministère à 7 heures moins 10, et il y avait déjà une bonne trentaine de personnes sur le trottoir. Les portes ouvrent à huit heures. Contrôle de sécurité à l'entrée (fait par un vigile privé, hein, faut pas gaspiller des policiers), puis on nous fait monter 5 par 5 à l'étage. Dans l'escalier les gens courent pour gagner une place...

Une fois en haut, tout en hébreu. Pas un mot dans une langue étrangère, bien que ce service des visas soit beaucoup fréquenté - et pour cause - par des étrangers. Encore une facette de cette merveilleuse tradition d'accueil locale.

J'ai fini par harponner un franciscain (je dis ça au pif, hein, en fait tout ce que je sais c'est que c'était pas un dominicain, ceux-là je les connais tous, mais bon, en marron, ça avait une bonne tête de franciscain). Lequel franciscain m'a dit qu'il n'était certain de rien, mais qu'à son avis ça se passait de telle et telle façon. (Il se trouve qu'il avait bien compris le système)

En tout, trois heures, dont 2 heures 55 d'attente. Dans une salle peuplée essentiellement de Philippins et d'immigrants prospectifs (je ne connaissais pas le terme, mais ça figure sur le visa). Visiblement, ceux-là veulent prouver leur zèle ; toutes les cinq minutes il y en a un qui se lève, le bouquin à la main (je ne précise pas quel bouquin, hein...) et qui se met à se balancer en avant en psalmodiant. Oui, mon poulet, tu l'auras ton visa, d'ailleurs elles s'en foutent les nénettes au guichet.

Sauf qu'elles m'ont fait suer un moment parce que mon visa montre mes multiples passages à Gaza, et que ça, ça ne plait pas. Et pour tout arranger j'avais aussi le dossier d'une amie qui elle avait commis l'insulte de leur demander de ne pas tamponner son passeport. Bon, j'ai du jouer cinq minutes de violoncelle, et ça s'est arrangé.

J'ai menti sur le formulaire, sur le conseil de la secrétaire de l'école ; j'ai mis que j'étais catholique : ils n'aiment pas les athées. Ils n'aiment pas les catholiques non plus, mais moins.

Et j'ai signé une déclaration comme quoi je n'avais jamais commis de crime contre l'état d'Israël ou le peuple juif. P'tain, j'espère que j'ai jamais marché sur la chaussure d'un rabbin sans le savoir, sinon je brûlerai en enfer.



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