08:34 night life...
Promenade en ville hier soir. A l'ouest. Pour ceux qui ne suivent pas, en ville israélienne. Chez les juifs, comme disent pas mal ici. "En face", comme je dis souvent.
Quelle vie triste. Que ces gens sont tristes. Les terrasses de restaus sont à peu près vides. Devant les bars, il y a des racoleuses, comme pour les peep-shows à Paris. Pas mal de mendiants.
Ce qui est frappant, c'est le contraste très marqué entre les tenues vestimentaires et le mode de vie. Les filles, les gamines, sont habillées incroyablement vulgaire, je n'avais jamais vu ça avant. Une provocation de mauvais aloi (et je ne parle pas du goût), la mâchoire inférieure en avant, le chewing-gum de rigueur, elle parlent et rient trop fort. Tous les gestes sont brusques, saccadés. Trop de maquillage, trop de trous dans les vêtements, regards trop directs. Rien ne sonne vrai.
Dans un café, qui fait internet café aussi, un jeune gars, pas plus de vingt ans, avec une bonne partie de l'uniforme (pantalon noir, chemise blanche avec les petites ficelles qui dépassent, redingote, calotte, mais pas le chapeau ni les papillotes), consulte en catimini des sites de cul. Chaque fois que quelqu'un passe, il tressaille et change de fenêtre. Un groupe regarde un match de foot : du milieu de tableau de championnat anglais, vraiment aucune espèce d'intérêt, et d'ailleurs ils regardent ce match dans un silence que même le hard-rock vociférant de rigueur dans la sono n'arrive pas à masquer. Une exception notable, la serveuse est tout sourire.
Il y a aussi des punks. Euh. Des gamins avec la raie un peu de travers. Tout ça me laisse une impression de malaise. On passe, au fil des rues, d'une paire de soldats juvéniles très occuper à essayer de draguer deux ruminantes assises sur un pot de fleur municipal à un quarteron de très vieux flics (réservistes ?) débordant de leurs vagues uniformes, et dont le plus alerte ne devrait pas être capable de rattraper un unijambiste asthmatique à la course.
A l'entrée d'une pizzeria rutilante, très américaine, mais vide, un vigile fait le tri de l'unique client. C'est la pizzeria qui a sauté en juillet.
J'ai beau y mettre de la bonne volonté, je n'arrive pas à trouver d'intérêt à cette ville là. On la comparait à une moyenne ville de province, style Laval. C'est vous dire.
Ce matin mardi, j'ai lu confirmation dans les journaux d'un assouplissement du blocage des territoires palestiniens, et de la levée de quelques checkpoints. Conséquence, le marché aux bestiaux en face de l'école déborde. Les gens s'entassent, crient, suent, et brandissent en direction des grilles des papiers, des trucs. Sur le trottoir d'en face, sur des caisses, des écrivains publics officient, avec de vieilles machines à écrire bringuebalantes. On ne traite pas des gens comme ça. Ça ne peut pas perdurer.
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