Brest-Jerusalem
a la rencontre...
3.9.01 15:41 chronique     chronique 9.9.01 19:14  
-<  sur le seuil... souriez, vous êtes filmés !  ->
 7.9.01

18:43   enfin !

Jeudi 6 septembre 2001

Les premières secondes, c'est une agression. Bruit, odeurs, saleté, foule. Avec un peu de recul, c'est à dire si physiquement on pense à lever les yeux, la majesté de la porte de Damas s'impose tout de même. On remet tout dans la perspective. Il faut revenir aux réalités : en quelques heures, j'ai bel et bien changé de monde. Tout est différent, parfois ouvertement, parfois plus subtilement.

L'arrivée sur Jérusalem, c'est comme être dans l'avion. Autoroute, embouteillages, klaxons, pas beaucoup de différences avec la vie comme je la connais. Les costumes, certes, parfois. Le nombre incroyable de monospaces. Des taxis collectifs, en fait. Des fourgons reconvertis. Du moment qu'on peut entasser une grosse demi-douzaine de personnes dedans. Mais avec la clim.

Le temps de poser mon sac à l'äcole, et Jean-Baptiste m'emmène faire un tour dans la Vieille ville, qui nous tend les bras au bout de la rue. Si je pensais pouvoir me la jouer touriste, c'est raté. Au bout de quelques minutes, première patrouille de soldats qui raccompagnent des habitants israéliens chez eux.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que si la vieille ville est théoriquement arabe, elle est aussi habitée par des colons. Régulièrement, aux fenêtres, des drapeaux israéliens. Pas de drapeaux palestiniens, naturellement. Quelques instants plus tard, seconde patrouille : cette fois ce sont des civils en armes. Les colons font leur police eux-même. Quelques mètres plus loin, un groupe d'ados, également israéliens, avec des radios. En moins d'une demi-heure, j'ai aussi vu trois postes de police.

Les gens qui vivent là, les "arabes", assis par terre, ou discutant en groupe, nous jaugent du regard. On perçoit nettement une sourde hostilité, une méfiance. Je suis un peu secoué.

Première nuit. Fenêtre fermée malgré la chaleur. A cause du bruit. Voitures, surtout. Circulation incessante. Et puis, régulièrement, les sirènes de police. On ne me laisse pas oublier où je suis.



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