Stephenson libertarien ?
Faut d'urgence que la vie arrête de me faire rire comme ça, je ne vais jamais tenir le choc.
Figurez-vous que les divers posts de CCN s'entrecroisent, et cette fois-ci à l'endroit le plus improbable : je reçois un mail de Mélodius, dont je célébrais récemment le "et moi, et moi, et moi" polychromique de droite, qui me parle de Stephenson, dont je parlais ce matin, en m'annonçant tout de go qu'il est libertarien.
Moi, bon gars, et foncièrement honnête, je prends mon Google et je fais une recherche sur stephenson, libertarian.
Permier lien, prometteur : ceci.
Thême : Neal Stephenson has written a heavy libertarian novel
Argument : Neal Stephenson has written a heavy libertarian novel
Oui, je sais, ça fait faible de l'argument. On appelle ça couramment prêcher pour sa paroisse. Mais bon, c'est une revue sympa de Cryptonomicon.
Deuxième lien : là.
Même argument : Stephenson est libertarien parce que... euh... il parle de trucs que les libertariens aiment bien.
C'est à ce stade que je suis content qu'Adolf n'ait jamais mentionné un amour inconsidéré pour l'oxygène ou le rhum, ça ferait probablement de moi un nazi en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.
Après ça, on trouve d'autres arguments, dans le genre "il nous montre un univers achtement cool avec presque zero gouvernement", sans mentionner que l'univers en question appartient à celui qui a la plus grosse puissance de feu, ce qui à mes yeux ne le rend plus si cool. Cette fois c'est à propos de Snow Crash, dans lequel le critique dit suavement que si on est un vrai geek on trouvera des trous dans l'argument technologique. Le genre de mec à qui on a envie de rappeler que Stephenson a été programmeur sur tout ce qui bouge comme plate-forme, et qu'il a une connaissance et compréhension encyclopédique des principaux systèmes d'exploitation : comme geek, ça se pose là.
En bref : Si Stephenson et son oeuvre sont libertariens, c'est grosso-modo uniquement parce que des libertariens se sont retrouvés dans l'oeuvre en question.
Notez que je préfère savoir mon Mélodius lisant Stephenson qu'un quelconque génie heureusement incompris et inconnu qui prétendrait qu'on peut comparer les macro-tendances économiques de la population des Iles Maldives aux fluctuations de l'érection pré-nubile des banquiers du pays basque, avec les conséquences que l'on sait sur la santé mentale d'un certain nombre de libertrucs, cyberploucs, ou autres (re)fondateurs.
Mais bon, j'ai bien rigolé, et c'est tout de même l'essentiel.
Écrit par O.
le 24 août 2004
à 13:39