La tarte à la crème de la semaine
Depuis Simplet©, Rumsfeld et Wolfowitz, ou à plus petite échelle Jean-Marie, on a poussé le bouchon tellement loin au niveau sémantique que plus personne ne veut être "de droite". Tu m'étonnes.
Alors ils font quoi, tous les pousse-mégot de la droite en costume trois pièces ? Les Madelin et ses clones, tous ceux qui pensent que la notion de citoyen serait tellement plus drôle si on ne gardait que la case "droits" et qu'on éliminait la case "devoirs", ceux qui croient pour de vrai que la croissance peut rendre leur vie meilleure, ceux qui pensent que Maggie T. était une grande dame, Ronald R. un grand penseur, et George B. le père un dangereux gauchiste ?
Eh bien ils sont devenus libertariens. Libertarien, pour eux, c'est être de droite avec les mains propres. Ca ressemble à libertaire, en vrai français, juste assez pour qu'on sente le frisson sémantique, qu'on se dise que ces gars là sont pour la liberté !
La liberté de crever dans la case où on te met, grosso-modo. Si t'es dans une case où t'as les moyens, ben oui t'es libre. Dans le cas contraire, t'as la liberté de rêver que t'es pas né dans cette case là.
La liberté par dessus tout, en sachant très bien, mais sans le dire trop fort, que c'est le règne de la force sur le droit. C'est la forme la plus polie de totalitarisme que j'aie eu le privilège de croiser.
Non, j'exagère. La plupart des gens qui se réclament de ce nouveau machin à la mode se contentent de recracher (sans assimiler) les colonnes pondues par les branquignols genre instapundit (dans le meilleur des cas) ou les crapules style little green footballs et ses avatars francophones tels merdinfrance.
Bref, ça sucre des fraises à la trentaine, ça frémit avec le Stock Exchange, et ça nous promet des lendemains qui chantent. Ca se croit important parce que ça envahit le net (frisson "haute technologie").
Serait vraiment temps que je retrouve ma bonne humeur moi.
Écrit par O.
le 24 octobre 2003
à 11:08